Identité bretonne

Erispoë (851 à 857)

lundi 2 mars 2015 par Ronan

Tad ar Vro, le père de la Bretagne, a travaillé à constituer un état à partir d’un territoire essentiellement cantonné à l’ouest d’une ligne partant du Mont St. Michel et joignant la Vilaine. Ni Rennes, ni Nantes n’en Ta faisaient partie. Pour survivre, le royaume breton avait besoin de s’étendre. Et pour asseoir davantage son autorité sur des chefs locaux toujours prêts à se révolter contre lui, Nominoë ressentait l’impérieuse nécessité d’avoir une église soumise. L’église bretonne était marquée par des caractéristiques insulaires irlandaises et britanniques, mais dépendait officiellement d’un siège épiscopal situé à Tours, à l’étranger. Afin d’échapper à cette obédience, Nominoë et ses successeurs s’efforcèrent de tenir Dol comme métropole de toute la Bretagne. « L’église de Bretagne était considérée comme distincte de l’église de France (…) Les papes étaient les premiers à faire la différence entre l’église de France et celle de Bretagne » (Plagnol). Même s’ils ne la reconnaissaient pas !
 
Les combats engagés contre les Francs tournèrent à l’avantage du prince breton. Mais sa mort soudaine à Vendôme le 7 mars 851 brise provisoirement l’élan guerrier des Bretons.
 
Son fils, Erispoë lui succède et poursuit le combat. Il inflige une sévère défaite à Charles le Chauve à Jengland, sur la rive gauche de la Vilaine, le 22 août 851 après trois jours de combats acharnés. Et en septembre (ou novembre, selon les sources), il reçoit du roi de Francie, à Angers, « les symboles de la royauté et la confirmation des pouvoirs qu’avait exercé son père, avec en sus les pays de Rennes, de Nantes et de Retz » (Annales de Saint Bertin).

Erispoë est donc un roi à part entière, mais étant donné qu’il est reconnu par Charles le Chauve, un lien de vassalité en fait un roi associé à l’Empire carolingien. Les nuances juridiques sont subtiles et elles ne seront pas absentes à la fin du Moyen âge lorsqu’il s’agira de faire passer le duché de Bretagne dans l’orbite de la monarchie capétienne. Car même avec ce lien de vassalité requis par Charles le Chauve, la souveraineté d’Erispoë est reconnue comme absolue sur les territoires qu’il administre et qui correspondent aux limites de la Bretagne historique étendues aux rivAinsi donc était créé le royaume de Bretagne. Les conquêtes des comtés de Rennes, de Nantes et de Retz marquaient l’expansion du domaine primitif, mais déplaçaient aussi la Bretagne vers l’est, dans des régions dont les habitants ignoraient la langue bretonne, ce qui ne sera pas sans conséquences sur la « débretonnisation » progressive de la péninsule, les éléments romans devenant de plus en plus envahissants et contraignants. Mais si le centre de gravité politique avait tendance à se déplacer vers l’est, Rennes et Nantes, le cœur de l’administration se trouvait encore en Brocéliande. Erispoë voyageait beaucoup à travers ses territoires qu’il s’efforçait d’organiser et de mettre en valeur. Ses lieux de résidence les plus fréquents étaient l’abbaye de Redon et celle de Saint Méen, disciple de Saint Samson dont le monastère était établi sur les bords du Meu, en Gaël. On sait également qu’il passait beaucoup de temps dans le domaine de Talensac.
Après des relations assez tendues avec Charles le Chauve, les nouvelles invasions normandes amenèrent les deux princes à se rapprocher. La situation du territoire frank entre Loire et Seine et que les Bretons avaient en partie occupé, fut réglé au rives de la rivière la Mayenne.. A partie de cette date, le prince breton s’intitule dans les actes « Moi, Erispoë, au nom de Dieu… ».
Ainsi donc était créé le royaume de Bretagne. Les conquêtes des comtés de Rennes, de Nantes et de Retz marquaient l’expansion du domaine primitif, mais déplaçaient aussi la Bretagne vers l’est, dans des régions dont les habitants ignoraient la langue bretonne, ce qui ne sera pas sans conséquences sur la « débretonnisation » progressive de la péninsule, les éléments romans devenant de plus en plus envahissants et contraignants. Mais si le centre de gravité politique avait tendance à se déplacer vers l’est, Rennes et Nantes, le cœur de l’administration se trouvait encore en Brocéliande. Erispoë voyageait beaucoup à travers ses territoires qu’il s’efforçait d’organiser et de mettre en valeur. Ses lieux de résidence les plus fréquents étaient l’abbaye de Redon et celle de Saint Méen, disciple de Saint Samson dont le monastère était établi sur les bords du Meu, en Gaël. On sait également qu’il passait beaucoup de temps dans le domaine de Talensac.
 
Après des relations assez tendues avec Charles le Chauve, les nouvelles invasions normandes amenèrent les deux princes à se rapprocher. La situation du territoire frank entre Loire et Seine et que les Bretons avaient en partie occupé, fut réglé au profit du prince Louis, fils de Charles le Chauve (traité de Louviers, en 856).
Cet accord déplut souverainement à Salomon, cousin d’Erispoë, qui briguait la couronne de Bretagne et auquel Charles le Chauve avait dû promettre son appui. Cristallisant le mécontentement de certains chefs, Salomon se répandit en critique contre son roi, prétendant qu’il avait trahi la cause bretonne en s’arrangeant trop bien avec le roi frank.
Salomon attira Erispoë dans un piège que les annales de Saint-Bertin évoquent : « l’an 857, Erispoë fut tué par Salaün et Alcmar, Bretons comme lui et avec qui il était en désaccord. Ils l’attaquèrent lâchement et, usant de ruse, ils le tuèrent sur l’autel tandis qu’il invoquait la protection de Dieu. Alors Salaün, saisissant la couronne, objet de son ambition criminelle, la plaça sur sa propre tête ».
Les Bretons acceptèrent facilement le coup de force et reconnurent Salomon comme leur roi. Charles le Chauve voulut évidemment profiter de la situation : il envoya des troupes en direction de la Bretagne.


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