Identité bretonne

La Bretagne et son Histoire

dimanche 16 janvier 2011

L'Armorique avant l'arrivée des Bretons

A) Les populations armoricaines

Avant la venue des Bretons, la péninsule que nous habitons était désignée sous le nom d’Armorique, ou pays des peuples « sur la mer ». Ces peuples, qui étaient des Celtes, se partageaient entre cinq tribus :
- Les VÉNÈTES avec Vannes comme capitale ;
- Les NAMNÈTES, un mot que l’on retrouve dans la prononciation bretonne de Nantes : « Naoned » ;
- Les REDONES, dans le bassin de la Vilaine ;
- Les CURIOSOLITES, dans le pays de Dinan (capitale présumée : Corseul) ;
- Les OSISMES, qui avaient pour capitale Vorganium, sur l’emplacement de Carhaix.

B) Les mégalithes

Ces tribus gauloises succédèrent, environ 500 ans avant J.-C., aux populations plus anciennes du Néolithique, de l’Age du Bronze et du début du Fer.
C’est à la fin de la période néolithique qu’ont été construites les sépultures mégalithiques. Elles sont bâties sur deux plans différents ; soit une chambre ronde ou polygonale avec galerie d’accès : dolmens (Kercado, en Carnac), soit en simple couloir sans différenciation de chambre : allées couvertes (Mougo, en Commana).
Au début de l’âge du Bronze, alors que dolmens et allées couvertes ont pu continuer d’être utilisés, sont apparues des tombes individuelles, simples coffres rectangulaires creusés dans le sol et recouverts d’un tumulus (Tanouedou, en Bourbriac). Les grands tumulus de la région de Carnac, Locmariaquer, Arzon (Saint-Michel, Mené-Lud, Arzon) sont de l’extrême fin du Néolithique et contiennent chacun une chambre fermée.
Les menhirs, symboles d’un culte religieux, datent de cette époque néolithique-bronze ancien. Beaucoup sont isolés, et c’est parmi ces derniers que l’on trouve les plus beaux et les plus grands (Kerloas, en Plouarzel : 12 mètres). Ils peuvent aussi être groupés en enceintes circulaires ou rectangulaires. Quant aux alignements, si ceux de Carnac et d’Erdeven sont célèbres, Penmarc’h, Camaret (Lagadyar), Jugon... n’en possèdent pas moins des restes d’ensembles importants.
Si la Bretagne est très riche en mégalithes, il en existe également beaucoup ailleurs, dans le monde entier ; ainsi, en France, c’est le département de l’Aveyron qui possède le plus grand nombre de dolmens. En Armorique, la distribution de ces sépultures est très caractéristique : les dolmens sont exclusivement littoraux, tandis que les allées couvertes parsèment tout le pays. De façon générale, la présence de mégalithes est assez directement liée à la possibilité de débitage de blocs de pierre.

C) La romanisation de l’Armorique

Nous avons étudié, au cours d’un précédent chapitre, dans quelles circonstances les Romains firent la conquête de l’Armorique. On trouve encore de nombreux vestiges de leur occupation. Les Romains avaient notamment construit en Armorique un réseau de routes absolument remarquable. On connaît les grandes voies qui reliaient entre elles les principales cités (de Nantes à Brest par Vannes et Carhaix, de Vannes à Rennes...), mais on est loin d’avoir identifié les voies dites secondaires dont on trouve ça et là des tronçons. Le long de ces voies, les Romains avaient établi des relais militaires et des retranchements. Des découvertes encore fréquentes de tuiles et de briques témoignent aussi de l’existence de villas. Par contre, les traces de temple sont rares. Il subsiste seulement ça et là quelques pans de mur d’une construction originale, comme à Pluherlin, au lieu-dit La Grée-Mahé.
La romanisation amena l’abandon lent, mais progressif du gaulois. Les habitants se mirent à parler, en même temps que le gaulois, le latin vulgaire d’où sont sortis le roman puis le français. C’est sans doute à la « receltisation » de l’Armorique aux Ve et VIe siècles par les Bretons de la Grande-Bretagne que nous devons aujourd’hui de parler une langue celtique.


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